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La recherche participative communautaire : un outil pour l’augmentation du pouvoir d’agir des peuples autochtones

Publié le 24 janvier 2012 par Arlène Laliberté et Georgia Vrakas

Les peuples autochtones du Canada et d’ailleurs ont vécu une perte grave systématique et persistante  de leur pouvoir d’agir, ce qui a de terribles conséquences sociales et des effets dévastateurs sur leur santé, comme en témoigne le nombre impressionnant d’Autochtones dans les services de longue durée, notamment les programmes de désintoxication, les hospitalisations dans les services de santé mentale, et les unités de santé mentale dans le système judiciaire.

Depuis les deux dernières décennies, la plupart des politiques portant sur la santé des Autochtones mettent de l’avant des programmes fondés sur les principes d’augmentation du pouvoir d’agir (empowerment) laquelle est complexe et peut être réalisée à des degrés multiples. Nous pourrions en fait décrire l’augmentation du pouvoir d’agir comme :

  •  une orientation des valeurs : une idéologie ou une philosophie qui guide les interventions;
  • un processus qui favorise la participation des individus, des organisations et des communautés à l’atteinte des objectifs en matière de contrôle individuel et communautaire accru, d’efficacité politique, de qualité de vie communautaire améliorée, et de justice sociale;
  • un objectif : les individus et les groupes qui sont marginalisés et opprimés ont une plus grande maîtrise de leur vie et de leur environnement; ils acquièrent des ressources précieuses et des droits fondamentaux; ils atteignent d’importants objectifs de vie et parviennent à réduire la marginalisation au sein de la société.

La recherche participative basée sur la communauté est une stratégie de recherche sur l’augmentation du pouvoir d’agir visant à accroître la conscience critique par l’entremise de personnes générant des connaissances pertinentes afin de résoudre les problèmes les plus préoccupants à leurs yeux. Cela suppose la participation active des individus, qui, ensemble, reconnaissent leurs problèmes, évaluent dans quel contexte social et historique ces problèmes ont évolué, et établissent des stratégies qui leur permettront d’atteindre leurs objectifs, à savoir d’améliorer leur communauté. Dans une telle approche, les personnes développent leurs propres outils de manière à pouvoir agir au sein de leur communauté. Cette perspective ascendante repose d’abord et avant tout sur les besoins tels que déterminés par la communauté et par ses membres, et elle tient compte des pratiques culturelles de la communauté. Les chercheurs jouent le rôle d’accompagnateur afin de générer de plus vastes cadres systémiques pour comprendre des situations données. Ces cadres sont alors utilisés afin de remettre en question la situation et de trouver de nouvelles pistes d’action. De là, le processus lui-même se déroule à la manière d’une spirale, où les connaissances et la compréhension alimentent l’élaboration d’une stratégie, laquelle est suivie par l’action, la réflexion, et une nouvelle compréhension, l’objectif final étant le changement et l’amélioration continus.

Le projet Mirerimowin est un excellent exemple de l’utilisation de la recherche participative communautaire pour comprendre, aborder et améliorer le bien-être des jeunes autochtones, et favoriser l’augmentation de leur pouvoir d’agir.

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