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Les pièces d’un casse-tête : 2e partie

Publié le 1er septembre 2014 par Sheela Subramanian

S’attaquer à un problème complexe, c’est un peu comme faire un casse-tête : l’étape la plus importante consiste à trouver toutes les pièces. Mais par où commencer? Il faut d’abord écouter des gens d’expérience.

Dans mon précédent billet, j’ai commencé à vous faire part des résultats de recherche de la Communauté d’intérêts (CdI) pour les populations racialisées, la santé mentale et les dépendances. L’an dernier, la CdI a examiné comment et pourquoi les communautés racialisées de l’Ontario avaient recours au service des urgences (SU) pour des problèmes de santé mentale et de dépendances. Nous avons décidé de nous concentrer sur la manière dont le SU est utilisé, car c’est un enjeu prioritaire pour les individus, les communautés, les prestataires de services et les décideurs politiques. Le SU est le principal moyen d’accéder au système de santé mentale pour de nombreuses communautés marginalisées, y compris les groupes racialisés. Parallèlement, l’Ontario élabore des stratégies afin de réduire le nombre de visites au SU, car celles-ci coûtent cher au système de santé. Pour en savoir plus sur cette recherche et ses conclusions à partir de notre analyse de la documentation et des pratiques prometteuses, veuillez lire mon billet précédent.

Pour la CdI, il était important d’écouter les gens qui ont vécu ce type d’expérience. Nous avons donc rencontré des personnes ayant vécu des problèmes de racialisation et de santé mentale, ainsi que des prestataires de services communautaires oeuvrant dans des communautés racialisées. Nous avons découvert que les gens se rendaient plus souvent au SU quand les déterminants sociaux de la santé variaient de manière importante (perte d’un logement stable ou d’un emploi, changements de situation familiale ou accessibilité réduite aux prestataires de soins en santé mentale en raison d’un déménagement dans une nouvelle ville). Les personnes rencontrées ont également partagé leurs préoccupations quant à l’utilisation de la force au SU; elles affirmaient avoir parfois eu du mal à différencier les agents de sécurité de l’hôpital des policiers. Certains participants ont raconté leurs expériences positives vécues au SU et ont souligné le rôle important du personnel hospitalier dans le déroulement général de leur visite.

Toutes ces idées ont été rassemblées lors de notre séance de réflexion. Nous avons partagé nos connaissances tirées de la documentation, des pratiques prometteuses et de nos consultations, en plus d’inciter les gens à participer à la discussion et à la résolution de problèmes. Les participants ont souligné l’importance de ne pas se limiter au système de santé et de chercher des solutions dans le secteur élargi de la communauté. Ils ont déterminé quels étaient les facteurs pouvant favoriser une meilleure collaboration entre les secteurs hospitaliers et communautaires, et ils ont examiné les possibilités d’intervention au sein même du SU.

Un résumé des conclusions de la CdI à propos de ces travaux sera disponible au cours des semaines à venir. Pour obtenir de plus amples renseignements ou pour participer à notre projet, veuillez communiquer avec moi.