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Préparation à la naissance : n’oublions pas la santé mentale !

Publié le 28 février 2012 par Mai Thanh Tu

Depuis 2005, le Québec vit un mini-baby-boom : le nombre de naissances a augmenté, notamment chez les femmes de 25 à 39 ans[1]. Dans une grande proportion des cas, il s’agit d’une première naissance.

Les nouveaux parents ont plus que jamais accès à une gamme de ressources pour les aider à vivre la grossesse et à se préparer à l’arrivée du nouveau-né. En plus des suivis médicaux et des cours prénataux, l’Internet et les réseaux sociaux offrent aux futurs parents un soutien sans précédent pour se renseigner et échanger à propos des hauts et des bas de la grossesse et de la maternité. Des instructeurs d’activités prénatales, telles que le yoga ou l’aquaforme, assurent la préparation prénatale physique des futures mères et leur prodiguent également des conseils en matière de nutrition. Lors de ces activités, on aborde souvent les malaises physiques fréquents chez la femme enceinte (p. ex. nausées, jambes lourdes, douleurs au dos) ou encore les difficultés liées à l’accouchement et à l’allaitement. Malheureusement, on discute peu des risques de développer des symptômes dépressifs, comme le blues postpartum, et encore moins de la dépression prénatale. Pourtant, des symptômes dépressifs sont détectés chez près de 75 % des mères, et la dépression majeure les atteint aussi, mais dans une plus faible proportion.

Malgré l’existence de ressources destinées aux futurs parents, certaines femmes y ont peu accès, notamment les futures mères de jeune âge, les immigrantes récentes, les femmes en situation financière précaire, celles qui n’ont pas de conjoint ou, encore, celles qui vivent dans un environnement violent et instable. Leurs préoccupations personnelles sont parfois si importantes qu’elles négligent leurs besoins nutritionnels, l’adoption de saines habitudes de vie et leur bien-être. Ces femmes sont souvent vulnérables et plus sujettes à éprouver des problèmes de santé mentale durant et après la grossesse.

Les conséquences sont importantes : le bien-être de la mère et le lien d’attachement avec l’enfant après la naissance sont menacés, et la vie familiale des nouveaux parents peut être affectée. De plus, la dépression rend la mère plus à risque d’avoir des épisodes dépressifs lors des maternités suivantes.

Sachant l’importance du bien-être mental durant la grossesse et les mois qui suivent, que pouvons-nous faire pour mieux préparer les futurs parents à cet effet?

Références

[1] Girard, C. (2010). Les naissances au Québec en 2009 : plus de bébés, même fécondité. Coup d’œil sociodémographique, 3, 1-4.

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