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Un lieu, plusieurs voix, une conversation

Publié le 26 mai 2014 par Sheela Subramanian

Les communautés soutiennent notre croissance, nos actions et notre évolution, tant sur le plan personnel que professionnel. Dans le système de santé mentale, les communautés formées de collaborateurs dévoués, passionnés et motivés viennent souvent catalyser l’action et l’échange de connaissances.

La communauté d’intérêts (CI) pour les populations racialisées, la santé mentale et les dépendances est un forum visant à stimuler la créativité et l’échange de connaissances. Encouragés par un partenariat conclu entre 11 organisations[1] et soutenus par un financement de démarrage du Réseau d’échange des données probantes (EENet, selon l’acronyme anglais), nous avons amorcé notre collaboration en 2012 pour mettre de l’avant des enjeux relatifs aux politiques, à la planification et à la prestation de services en ce qui a trait aux communautés racialisées, à la santé mentale et aux dépendances.

Notre communauté s’est rassemblée autour de la compréhension commune que les expériences en santé mentale sont influencées par les enjeux d’ordre racial, et que les politiques, la planification et la prestation de services en santé mentale doivent donc tenir compte des besoins et des réalités des groupes racialisés.

L’un de nos objectifs initiaux était de nouer le dialogue avec les intervenants du système de santé mentale et des domaines connexes au sujet des communautés racialisées. Nous avons découvert que s’il était facile d’attirer les personnes déjà au fait des enjeux propres aux communautés racialisées, il était en revanche difficile de joindre les décideurs jouant un rôle clé en ce qui a trait aux politiques, à la planification et à la prestation de services.

Voici ce que nous avons appris :

  • Engagez une conversation sur un sujet qui compte pour plusieurs: Au lieu de nous limiter à la racialisation, nous nous sommes penchés sur les motifs pour lesquels les membres des communautés racialisées se tournent vers les services d’urgence des hôpitaux pour des problèmes de santé mentale et de toxicomanie, et sur la manière dont ils le font. L’utilisation des services d’urgence est une question prioritaire pour le gouvernement provincial, les réseaux locaux d’intégration des services de santé, les décideurs politiques, les prestataires de services et, surtout, les individus et les familles. Nous avons été surpris de constater le degré d’intérêt pour notre travail.
  • Faites de l’expérience vécue le centre de vos préoccupations: Notre CI accorde une valeur aussi importante à l’expérience vécue qu’à la recherche universitaire. Le fait d’interroger les gens au sujet de leur expérience dans les services d’urgence a été décisif dans notre démarche. Nous nous assurions par le fait même que l’expérience vécue était intégrée au processus décisionnel.
  • Ratissez large: Nous avons attaqué la question simultanément sous l’angle des politiques, de la planification et de la prestation des services, ce qui nous a permis d’attirer l’attention d’une grande variété de parties prenantes.
  • Partagez des pratiques innovantes: Les parties prenantes souhaitaient d’abord et avant tout en apprendre davantage au sujet des pratiques prometteuses actuellement mises de l’avant. Deux des exemples que nous avons présentés étaient : 1) une initiative de soutien par les pairs dans l’urgence d’un hôpital et 2) une initiative de réorientation des services d’urgence dans le cadre de laquelle la prestation de soins de santé mentale était déplacée dans un contexte communautaire.

Dans mon prochain blogue, je vous ferai part de ce que nous avons appris quand nous sommes parvenus avec succès à réunir dans une même pièce, pour discuter de la question, des personnes ayant vécu des expériences, des décideurs politiques, des planificateurs, et des intervenants des services de santé mentale, des centres hospitaliers, des corps policiers et des services ambulanciers!

Références

[1] Les partenaires du CI sont : Across Boundaries: An Ethnoracial Mental Health Centre; Dépendances et santé mentale d’Ontario; l’Association canadienne pour la santé mentale, division de l’Ontario; l’Association canadienne pour la santé mentale, division de Toronto; le Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH); Community Resource Connections of Toronto; le Ontario Peer Development Initiative; l’Université Ryerson; le Wellesley Institute; le Women’s Health in Women’s Hands Community Health Centre; Working for Change.