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Une composante essentielle de la gestion des maladies chroniques

Publié le 28 janvier 2011 par Janie Houle

En raison de leur forte récurrence, les troubles dépressifs et anxieux sont désormais considérés comme des maladies chroniques par les experts. Le soutien à l’autogestion est une composante essentielle du modèle de gestion des maladies chroniques, ainsi qu’un idéal à atteindre en matière de dispensation des soins aux personnes souffrant de maladie chronique, tant physique que mentale. Il est également recommandé dans la plupart des guides de pratique pour le traitement des troubles dépressifs et anxieux (NICE, CANMAT).

Le soutien à l’autogestion permet aux personnes atteintes d’être mieux informées et de développer les habiletés nécessaires à l’adoption d’un rôle plus actif dans leur rétablissement. Il contribue ainsi à améliorer l’efficacité des interventions de première ligne. Pour une personne atteinte de trouble dépressif ou anxieux, l’autogestion consiste notamment à bien connaître sa maladie, à suivre l’évolution de ses symptômes, à participer à la prise de décision au sujet de son traitement, à adhérer au traitement choisi, à adopter de saines habitudes de vie, à gérer sainement ses rôles sociaux et à vaincre le sentiment d’impuissance.

Le soutien à l’autogestion peut prendre plusieurs formes : bibliothérapie, guides d’autosoins, matériel audiovisuel accessible sur le Web, thérapie cognitivo-comportementale assistée par ordinateur, accompagnement individualisé, groupe de soutien à l’autogestion, etc. Le soutien d’un intervenant permet d’accroître l’efficacité de ces différentes stratégies. Plusieurs types d’intervenants peuvent soutenir l’autogestion chez les personnes atteintes de troubles anxieux ou dépressifs : un omnipraticien, une infirmière, un travailleur social ou des intervenants d’organismes communautaires spécialisés dans le domaine, etc.

Ce type d’intervention peut être utilisé de différentes manières :

  • comme intervention principale, par exemple, dans le cas d’une dépression légère;
  • en complément à une psychothérapie ou à un traitement médicamenteux, par exemple, dans le cas d’une dépression modérée à sévère;
  • comme un moyen de prévenir les rechutes.

Bien que le soutien à l’autogestion ait démontré son efficacité dans quelques études, il y a encore beaucoup à apprendre sur les contenus précis et les conditions permettant d’obtenir une plus grande efficacité clinique et un meilleur rapport coût/bénéfice.