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Et si la marche active était une bonne occasion de prévenir la dépression?

Publié le 29 avril 2016 par Paquito Bernard

Identifier des interventions permettant la prévention des troubles dépressifs est un enjeu majeur de santé publique, particulièrement pour les femmes post-ménopausées. Dans un récent essai clinique, nous avons évalué l’effet d’un programme de marche sur le niveau de dépression de participantes post-ménopausées inactives (n = 121). Celles-ci étaient attribuées soit à une « liste d’attente » ou à un programme de marche. Deux séances hebdomadaires supervisées de marche active (à l’extérieur et en groupe) et une troisième pratiquée de manière autonome étaient proposées sur une période de six mois. L’intensité de la marche augmentait progressivement au cours des séances, afin d’atteindre 75 % de la fréquence cardiaque maximale. Au moment de l’inclusion dans l’étude, les participantes présentaient un niveau de dépression considéré comme étant « non clinique » (mesuré par questionnaire auto-rapporté). Sur la totalité des séances de marche, 53 % d’entre elles ont été réalisées par les participantes.

Les analyses pré- et post-intervention montraient que le niveau de dépression diminuait significativement chez les participantes au programme de marche en comparaison au groupe témoin. Ainsi, un programme de marche active, facilement reproductible, pourrait être une stratégie de prévention de la dépression chez les femmes post-ménopausées. La valeur de ce résultat est doublée par le fait que, dans de nombreuses enquêtes, les femmes post-ménopausées reconnaissent la marche comme l’activité physique la plus aisée à introduire dans leur quotidien en comparaison à la natation, le vélo ou encore la course à pied.

De plus, un plus faible niveau d’adhésion, une perception négative de son état de santé, un indice de masse corporel élevé et des pensées cognitives négatives étaient associés à une moindre efficacité. Ainsi, des stratégies simples comme l’ajout d’un soutien motivationnel (p. ex. : courriels), d’un soutien social, ainsi qu’une mise à disposition d’information sur la dépression, pourraient majorer l’efficacité de ce programme de marche.

En conclusion, cette étude démontre que trois séances par semaine de marche en groupe avec une intensité d’effort modérée et un niveau d’adhésion minimal de 50 % diminuent le niveau de dépression auto-rapporté. Pour en savoir plus.

Ainsi, la marche, l’activité physique la plus simple au monde et commune à tous, est un instrument puissant qui contribue au maintien d’une bonne santé mentale. En résumé, avec la marche, on change de perspective, passant du « no pain, no gain » à « a little pain for a lot of gain ».

Qui est prêt à promouvoir la marche?