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La psychothérapie, c’est pour les bien-portants anxieux! : 1re partie

Publié le 1er décembre 2014 par Martin Drapeau

Beaucoup de temps s’est écoulé depuis mon dernier billet, mais j’ai une bonne raison, et celle-ci est directement liée à la question de l’accès à la psychothérapie : depuis plusieurs mois déjà, j’agis à titre de consultant externe principal pour l’INESSS, qui doit bientôt soumettre ses recommandations au MSSS sur les façons de faciliter l’accès à la psychothérapie. Dès que ce rapport sera rendu public, je vous en ferai part.

En attendant, passons aux nouvelles données que mon équipe et moi avons récemment recueillies. Dans ce blogue, à ce jour, nous avons abordé la nécessité d’un meilleur accès à la psychothérapie pour ceux qui en ont besoin, ainsi que l’efficacité et l’efficience de la psychothérapie. Cependant, nous ne savons rien de ce que font les psychologues en pratique privée au Québec.

Les données laissent croire que le système public n’est actuellement pas en mesure de répondre pleinement aux besoins de la population en matière de psychothérapie. Si nous souhaitons améliorer l’accès à ce type de thérapie, deux stratégies doivent être envisagées (seules ou conjointement) : investir massivement dans le système public pour qu’il puisse répondre adéquatement à la demande de soins en psychothérapie ou ajouter à l’équation les cliniciens qui travaillent en pratique privée, un peu comme le font déjà la SAAQ, la CSST et l’IVAC.

J’admets avoir une nette préférence pour la deuxième stratégie, pour des raisons que j’aurai sûrement l’occasion de préciser dans un prochain blogue. Mais d’abord, il parait nécessaire d’aborder un certain mythe selon lequel les cliniciens en pratique privée ne traitent que les « bien-portants anxieux », communément appelés les YAVIS (Young, Attractive, Verbal, Intelligent, and Successful), ce qui se traduirait librement par : jeune, séduisant, s’exprimant bien, intelligent et qui connaît du succès.

Si tel est le cas, alors la contribution des psychologues en pratique privée à l’amélioration de la santé mentale de la population en général risque d’être minime; il nous faudrait donc miser davantage sur le secteur public pour offrir des services, et conséquemment, y investir les fonds nécessaires qui, comme on le sait, se font rares ces temps-ci. Par contre, si les psychologues en pratique privée traitent de « vrais patients », ils contribuent déjà à offrir des services de première ligne, et nous pourrions mieux les intégrer au système afin d’accroître l’accès à la psychothérapie.

Afin de nous éclairer un peu sur ces questions, nous avons récemment effectué un important sondage auprès des psychologues. Nous vous en ferons part dans notre prochain blogue qui suivra rapidement, c’est promis!