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Le collège : un milieu favorable à l’amélioration de la santé mentale

Publié le 21 septembre 2011 par Geneviève Cloutier et Florence Déplanche

Les jeunes en transition vers la vie adulte constituent une population à risque de développer des problèmes de santé mentale. Les statistiques sont frappantes, c’est dans le groupe des 15-24 ans que l’on retrouve les prévalences les plus élevées de détresse psychologique, de troubles anxieux ou dépressifs, de troubles liés à la consommation d’alcool et de drogues et de troubles de l’alimentation. De plus, le suicide est la deuxième cause de mortalité pour ce groupe d’âge. L’ampleur de ces problèmes se fait d’ailleurs sentir au sein de la population étudiante dans les établissements d’enseignement collégial. Depuis les dernières années, des démarches se font surtout dans le but de soutenir les clientèles dites émergentes qui regroupent notamment les jeunes ayant des troubles mentaux et des troubles d’apprentissage. En vue de soutenir l’ensemble des besoins de santé et le bien-être chez les jeunes, le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) et le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) publiaient en 2010, le Cadre de référence pour soutenir la collaboration entre les centres de santé et de services sociaux (CSSS) et les collèges publics du Québec.

Au Québec, l’approche École en santé favorise l’émergence d’activités de promotion de la santé dans les écoles primaires et secondaires depuis de nombreuses années et elle met en avant-plan l’interrelation entre la réussite scolaire, la santé et le bien-être des jeunes. Au collégial, il y a aussi un lien indéniable entre santé mentale et réussite scolaire. Toutefois, il existe peu de programmes de promotion de la santé, peu de ressources pour actualiser ces programmes et les quelques activités qui s’y développent sont méconnues et leur efficacité n’est pas évaluée. Mentionnons au passage qu’une démarche de réflexion visant la planification d’interventions en promotion de la santé mentale sera amorcée au Cégep de l’Outaouais dès l’automne 2011.

Les collèges peuvent vraiment avoir un impact positif sur la santé mentale des étudiants et étudiantes, sur leur réussite scolaire et même sur leur trajectoire de vie (poursuite des études, marché du travail, etc.). La pratique d’activités physiques, la participation à des activités parascolaires, le sentiment d’appartenance à l’établissement scolaire et la qualité des services aux étudiants sont autant de facteurs de protection de la santé mentale. Il demeure primordial de rejoindre les étudiants et les étudiantes qui ont un problème et qui n’utilisent pas les services, ainsi que ceux et celles qui présentent un risque particulier de développer des problèmes; mais, il est tout aussi important de soutenir et renforcer les facteurs permettant le maintien d’une bonne santé mentale.