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Les pairs-aidants à l’Université de Montréal : des étudiants qui écoutent d’autres étudiants

Publié le 9 décembre 2018 par Florence Déplanche et Sylvie Corbeil*

Le 24 octobre dernier était la première journée de l’écoute au Québec. Organisée par l’Association des centres d’écoute téléphonique du Québec (ACETQ), cette journée vise à sensibiliser la population québécoise à l’importance d’écouter. Écouter peut paraître simple, voire banal, mais le faisons-nous vraiment dans le tourbillon de nos quotidiens?

À l’Université de Montréal, l’écoute est au centre d’une nouvelle initiative pour soutenir les étudiants : le programme pairs-aidants. En 2016, le programme prend naissance à la Faculté de droit, sous l’impulsion d’une professeure et de membres de l’association étudiante qui sont témoins au jour le jour des difficultés vécues par les étudiants et de leur détresse. L’idée d’offrir un lieu où des étudiants pourraient en aider d’autres fait son chemin: un étudiant ayant besoin d’un petit moment de répit peut maintenant se présenter spontanément à un local, où un autre étudiant s’y trouve pour l’accueillir et l’écouter. Les pairs-aidants sont formés et supervisés par un psychologue du Centre de santé et de consultation psychologique de l’Université de Montréal. Dans le cadre de cette formation, l’écoute active se présente et se pratique à l’aide du modèle VQRRR illustré ainsi:

 

 

Les pairs-aidants sont également invités à s’impliquer au sein de leur unité dans la mise sur pied d’activités favorables à la santé mentale des étudiants.  

Le programme pairs-aidants poursuit les objectifs suivants:

  • Outiller des étudiants à l’écoute active, au repérage de la détresse et à la référence aux ressources; 
  • Accroître le sentiment de compétence, d’appartenance et de solidarité des étudiants.

La documentation indique qu’il existe plusieurs programmes de pairs-aidants, dont quelques-uns en établissements postsecondaires québécois, avec des formats et des objectifs extrêmement variables. Peu évaluées, les modalités optimales d’un programme de pairs-aidants en milieu postsecondaire restent donc inconnues à ce jour. Par contre, des recherches et enquêtes ont démontré le rôle protecteur du soutien social vis-à-vis de la détresse psychologique et de l’épuisement1,2 et le fait que les jeunes adultes se tournent en premier lieu vers leurs pairs pour se confier3,4.

S’arrêter un instant, écouter et être écouté en personne dans le tourbillon de nos quotidiens: à l’Université de Montréal, oui les étudiants le font, les uns pour les autres. Après la Faculté de droit, c’est au tour de la Faculté des sciences infirmières, de la Faculté de médecine et de l’École de santé publique d’implanter ce programme. 

Références

* Florence Déplanche est chargée de projets en santé mentale au Centre de santé et de consultation psychologique, Services aux étudiants, Université de Montréal. Sylvie Corbeil est psychologue au Centre de santé et de consultation psychologique, Services aux étudiants, Université de Montréal.

1 Institut canadien d’information sur la santé (2012). Le rôle du soutien social dans l’atténuation de la détresse psychologique. Canada : Institut canadien d’information sur la santé.

2 Kim B., Jee S., Lee J., An S., et Lee S.M. Relationships between social support and student burnout: A meta-analytic approach. Stress and Health. 2017, 1–8.

3 Aladag, M. et Tezer, E. Effects of a Peer Helping Training Program on Helping Skills and Self-Growth of Peer Helpers. Int J Adv Counselling. 2009, 31: 255–269

4 Eisenberg, D., Hunt, J., et Speer, N. Help Seeking for Mental Health on College Campuses: Review of Evidence and Next Steps for Research and Practice. Harv Rev Psychiatry. 2012, 20:4, 222-232.