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L’évaluation du risque suicidaire auprès des moins de 12 ans : un activité complexe pour les infirmières

Publié le 29 octobre 2016 par Nathalie Maltais et Christine Genest

De nos jours, le suicide est un sujet encore difficile à aborder dans la population en général. C’est d’autant plus inconcevable quand il s’agit de considérer qu’un tel geste pourrait être commis par des enfants. À ce sujet, les données provisoires de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) confirment que huit enfants âgés de moins de 14 ans sont décédés par suicide en 2012 et cinq en 2013. Heureusement, malgré ces statistiques, le suicide complété est plutôt rare. Pourtant, les propos et les idées suicidaires sont bien présents chez les enfants de 12 ans et moins. Pour cette population, il s’agit souvent d’un geste ou des paroles impulsives en réponse à une souffrance. Sans être alarmiste, il faut prendre au sérieux les idées ou propos suicidaires des enfants et tenter de comprendre le sens de ceux-ci afin de bien répondre à leurs besoins.

L’évaluation du risque suicidaire chez les enfants devient donc une intervention importante qui requiert une bonne connaissance du développement des enfants. De plus, il est important que l’infirmière possède des compétences relationnelles. En effet, le déclencheur de la crise suicidaire chez les enfants se situe souvent sur le plan relationnel engendrant une certaine méfiance envers les adultes, ce qui peut rendre plus ardu l’établissement d’une relation de confiance au moment de l’évaluation et de l’intervention. Il devient alors important que les intervenants soient créatifs pour entrer en contact avec ces enfants en utilisant un support ludique approprié à leurs compétences intellectuelles.

Cette évaluation constitue une tâche importante pour l’infirmière travaillant en santé mentale jeunesse[1]. Elle englobe plusieurs éléments comme l’évaluation du développement biologique, les antécédents médicaux, les caractéristiques personnelles et cognitives de l’enfant, le contexte culturel ainsi que les environnements social, familial et scolaire. Par ailleurs, il est essentiel de considérer les différentes trajectoires développementales pouvant exacerber ou protéger contre le risque suicidaire, comme la croissance, le développement moteur et cognitif, le langage, la gestion des émotions, l’attachement, ainsi que la sexualité.

Par conséquent, le risque suicidaire est sans contredit un problème qui doit faire partie de l’évaluation systématique faite par les infirmières en santé mentale travaillant auprès des jeunes de 12 ans et moins. Les propos ou idées ne doivent pas être banalisés et être considérés seulement comme une demande d’attention ou une forme de manipulation. L’infirmière travaillant en santé mentale doit simultanément soulager la souffrance de l’enfant et mettre en place un plan de sécurité en collaboration avec la famille ou avec un autre adulte significatif pour l’enfant.

Il faut rappeler les numéros des centres de prévention comme 1-866-appelle, car le suicide n’est pas une option!

Références

[1] Laflamme, F., Thibault, C., Durand, S. et Ordre des infirmières et infirmiers du Québec [OIIQ]. (2007). Prévenir le suicide pour préserver la vie : guide de pratique clinique. Westmount, Québec : OIIQ.