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Pourquoi favoriser la collaboration entre les membres de la famille et les intervenants?

Publié le 12 novembre 2012 par Marie-Hélène Morin

De plus en plus, on s’entend pour dire que les membres de la famille jouent un rôle primordial lorsqu’il est question de soutenir une personne devant composer avec un trouble mental, puisque dans 60 % à 70 % des cas, ils sont la principale source de soutien. Si de tout temps les membres de la famille ont joué un rôle informel de soutien lorsque l’un des leurs vivait une situation de vulnérabilité causée par les manifestations d’un trouble mental, force est de constater qu’ils occupent désormais un rôle de première ligne. Depuis 1989, année de l’adoption de la première politique sociale en matière de santé mentale, un partenariat avec la famille des personnes atteintes de troubles mentaux est particulièrement souhaité, et cette idée a été réitérée plus récemment dans le cadre des orientations du Plan d’action en santé mentale (PASM) 2005-2010. Si ces orientations ministérielles interpellent les membres de la famille appelés à jouer un rôle de soutien plus marqué dans un contexte de non-institutionnalisation et d’hospitalisation en dernier recours, nous sommes encore loin d’une reconnaissance réelle du rôle de partenaire « à part entière ».

À bien des égards, favoriser une relation de collaboration réelle entre les membres de la famille et les intervenants peut être bénéfique sur de nombreux plans. D’abord, force est d’admettre que les membres de la famille sont les seuls acteurs en mesure d’assurer une présence et un soutien continus auprès de la personne atteinte. Dans 30 % à 50 % des cas, ce sont les membres de la famille qui font les premières demandes d’aide et établissent le premier contact avec les services de santé.  Ils détiennent également une expertise unique par rapport aux intervenants : ils connaissent bien la personne qui doit composer avec un trouble mental. En mettant à profit leur contribution à l’intervention, au même titre que celle des intervenants et de la personne atteinte, il devient envisageable de concevoir des services et des interventions mieux adaptés au besoin de chacun, particulièrement en entraînant une diminution réelle de la charge associée à l’exercice du rôle de soutien. Collaborer avec les membres de la famille comporte également des avantages pour les équipes d’intervenants, puisque cela permet de répartir la responsabilité de l’intervention entre tous les acteurs concernés. Au lieu de travailler à contre-courant, collaborer invite à « rouler en tandem avec les membres de la famille » dans un but commun et partagé : un mieux-être et le rétablissement de la personne atteinte. L’établissement d’une relation de collaboration exige que la relation entre les membres de la famille et les intervenants soit repensée, ce qui est sans doute plus facile à dire qu’à faire. Comment en arriver à une reconnaissance de l’expertise expérientielle des membres de la famille? Comment partager le pouvoir et les responsabilités de l’intervention sans que cela soit « nuisible » à la personne atteinte? Comment promouvoir et reconnaître la contribution des membres de la famille tout en n’oubliant pas que ceux-ci ont également besoin de soutien? Ce sont là quelques pistes de réflexion, dans l’espoir que ce blogue sera un lieu de partage et de découverte de façons créatives et inspirantes de travailler avec les membres de la famille dans le domaine des pratiques en santé mentale.

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