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Pourvoir le Québec d’infirmières praticiennes spécialisées en santé mentale… cela va de soi!

Publié le 23 décembre 2013 par Claire Page

En 2011, cinq constituantes du réseau de l’Université du Québec (UQ) démarraient une maîtrise en sciences infirmières en santé mentale et soins psychiatriques. À l’instar des infirmières praticiennes spécialisées en soins de première ligne ou dans d’autres spécialités, le rôle d’infirmière praticienne en santé mentale et psychiatrie (IPS-SM/PSY) allait de soi. Malheureusement, celui-ci était bien loin d’être ficelé dans les instances ministérielles et encore moins dans les plans de nos collègues psychiatres. Les questions épineuses concernant le type d’infirmières à privilégier se sont succédées, à savoir si le titre d’infirmière clinicienne spécialisée devait être créé à défaut de pouvoir espérer le développement du rôle d’IPS-SM/PSY, ou si ni l’un ni l’autre n’allait voir le jour en raison de la confusion qui entourait ces catégories d’emploi.

Le réseau de l’UQ a démarré un programme de maîtrise malgré l’incertitude qui planait concernant les avenues liées au développement de la pratique avancée en santé mentale au Québec. Était-ce une bonne décision? Rappelons que les infirmières étaient nombreuses à exprimer leurs besoins de formation en santé mentale. L’idée était d’offrir un programme disciplinaire de grande qualité, de niveau supérieur, mieux adapté qu’un cumul éventuel de certificats ou d’autres diplômes dans des domaines connexes. Il était crucial que les objectifs de ce programme soient cohérents avec les nouvelles orientations ministérielles qui transformaient indubitablement le système de la santé. De plus, il pouvait s’appuyer sur les compétences infirmières précisées par d’importants travaux menés par l’OIIQ, rassemblant des experts des différents milieux cliniques et de formation. La maîtrise actuelle prépare judicieusement les infirmières à contribuer efficacement à relever les défis majeurs posés par les besoins importants et complexes en santé mentale de la population. Elle tient parfaitement la route en lien avec les recommandations et actions concrètes issues de l’éloquent Rapport d’appréciation de la performance du système de la santé et de services sociaux paru en 2012.

Près de 70 étudiantes ont été admises au programme de maîtrise. Huit d’entre elles prévoient graduer en avril 2014. Celles-ci seront autorisées à évaluer les troubles mentaux ou pourront devenir psychothérapeutes avec un complément de formation ou d’expérience déterminé selon leur situation respective. Plusieurs se sont engagées dans ce programme d’étude exigeant (495 heures de formation théorique et 540 heures de stage) dans l’espoir de devenir un jour IPS-SM/PSY. Parallèlement, plusieurs psychiatres et médecins désirent s’allier avec des IPS-SM/PSY pour augmenter l’accès à des soins de santé mentale de meilleure qualité. Les astres s’alignent bien pour concrétiser cette alliance gagnante pour tous, pourvu que les instances ministérielles exercent un leadership bien affirmé en ce sens et que nos collègues médecins et psychiatres en saisissent l’opportunité.