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Prévenir et promouvoir la santé mentale chez les agriculteurs : s’outiller pour mieux soutenir

Publié le 4 février 2018 par Nancy Beauregard, Philippe Roy, Jaunathan Bilodeau, et Annie Therrien

La santé mentale des populations rurales au Québec représente un enjeu de santé publique préoccupant. En particulier, les agriculteurs rapporteraient plus d’isolement social, de détresse psychologique et d’idées suicidaires comparativement à la population générale, en plus d’être moins enclins à recourir aux services sociaux et de santé. Une des pistes d’explication sous-tendant ces disparités suggère l’influence de valeurs individuelles agraires (p. ex. : l’orgueil) freinant la demande d’aide en santé mentale par l’agriculteur. Une seconde piste d’explication, d’ordre environnemental cette fois, soulève le questionnement suivant : l’offre actuelle de services de santé et de services sociaux au Québec est-elle parfaitement adaptée, dans sa nature et dans ses modalités d’accès, à la réalité agricole?

Plusieurs initiatives ont émergé en ce sens afin de bonifier et d’adapter l’offre de services aux agriculteurs. Notamment, dans une initiative conjointe, l’Association québécoise de prévention du suicide (AQPS) et l’Union des producteurs agricoles (UPA) proposent la formation Agir en sentinelle pour la prévention du suicide — Déclinaison agricole. Depuis 2017, le Programme d’aide pour agriculteurs (PAPA) adapté à la réalité des agriculteurs est aussi offert par l’entreprise Pro-santé. Enfin, l’organisme communautaire Au cœur des familles agricoles propose une offre complémentaire de services d’écoute et d’intervention auprès des agriculteurs en détresse (p. ex. : travailleur de rang, maison de répit). En somme, l’ensemble de ces initiatives constituent des interventions tertiaires hautement prioritaires, lesquelles répondent à des besoins urgents d’agriculteurs au bout du rouleau.

Et si, en amont, la santé mentale chez les agriculteurs était aussi comprise et évaluée dans la totalité de son continuum (c.-à-d. : dans ses manifestations positives, tel le bien-être, ainsi que prépathologiques, telle la détresse psychologique)? Pourrions-nous mieux reconnaître les facteurs de risque et de protection observés tant à la ferme, qu’au sein de la famille et de la communauté qui jalonnent les différents stades de la santé mentale? C’est précisément à ces questions que répond la formation Prévenir et promouvoir la santé mentale chez les agriculteurs : s’outiller pour mieux soutenir ». Issue d’un partenariat entre le milieu universitaire et le Centre de prévention du suicide : Accalmie de Trois-Rivières[1], cette formation offerte en continu a permis à une soixantaine d’intervenants de tout horizon d’approfondir leurs connaissances sur cette thématique importante.

Références

[1] Cette formation a été financée par le biais du Fonds des services aux collectivités du Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur du Québec. L’ensemble des auteurs de ce blogue en sont les instigateurs.