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Sport et plein air: les effets prometteurs d’une intervention de groupe active auprès des jeunes immigrants

Publié le 19 octobre 2020 par Mathilde Hanny-Guillaumes, intervenante à Motivaction Jeunesse et coordonnatrice du projet Émeraude et Virginie Leblanc, intervenante à Motivaction Jeunesse et coordonnatrice du projet Québec en Couleurs

À leur arrivée au Québec, les jeunes immigrants se voient souvent confrontés à de nombreux facteurs de stress, tels que la perte de repères, l’apprentissage d’une nouvelle langue, la création de nouvelles amitiés, l’intégration de nouveaux codes culturels et l’adaptation à une nouvelle école (Berry et coll., 2006). Ces facteurs de stress peuvent avoir des répercussions importantes sur leur santé mentale, allant de l’anxiété à la dépression majeure (Kanouté et coll., 2008).

Établis dans plusieurs écoles de la région de Québec accueillant un grand nombre de jeunes issus de l’immigration, les intervenants de Motivaction Jeunesse travaillent avec une clientèle d’origines très diversifiées (Algérie, Bénin, Cameroun, Canada, Centrafrique, Colombie, Côte d’Ivoire, France, Irak, Syrie, Tanzanie, Tchad, Thaïlande, Tunisie, etc.) et deviennent rapidement un point d’ancrage pour les jeunes en quête de nouveaux repères. De l’écoute, du soutien quotidien et une programmation diversifiée d’activités sportives et de plein air leur sont offerts tout au long de l’année. Les projets de Motivaction Jeunesse sortent concrètement les jeunes immigrants de leur isolement en allant les chercher dans leurs milieux scolaires, là où ils sont, sans jugement et avec ouverture. L’offre de service fait en sorte que les participants se sentent en confiance et vivent rapidement des réussites. Les intervenants de Motivaction Jeunesse encouragent les jeunes à utiliser le sport et le plein air comme outils de canalisation et de gestion de leurs émotions, ce qui peut aussi avoir un effet calmant (les fameuses endorphines!) et de réduction des facteurs de stress liés à leur acculturation.

Le sport et le plein air représentent par ailleurs des pistes d’intervention remarquables pour aider les jeunes immigrants à s’intégrer socialement. En effet, la Société du sport pour la vie (Gosai et coll., 2018) affirme que la pratique de l’activité physique joue un rôle important dans le développement d’un sentiment d’appartenance des immigrants à leur terre d’accueil. Les activités de Motivaction Jeunesse offrent aux jeunes immigrés la possibilité de rencontrer d’autres jeunes de leur âge issus de l’immigration également ou nés au Québec. Cette mixité permet de réduire certaines barrières culturelles persistantes entre les élèves québécois et nouvellement arrivés et de promouvoir le vivre ensemble.

Sur le plan des effets, les intervenants observent que de nombreuses barrières tombent lorsque les participants vivent des expériences significatives en contexte interculturel et que les jeunes développent un fort sentiment d’appartenance au groupe de participants que certains vont même jusqu’à nommer leur « deuxième famille ». Au cours des années, de nombreux jeunes ont notamment témoigné du fait que Motivaction Jeunesse les avait grandement aidés à s’intégrer et à croire en leur plein potentiel. En ce sens, on peut dire qu’il s’agit de pistes d’intervention très prometteuses pour favoriser l’inclusion sociale des jeunes immigrants.

Pour plus de renseignements sur les activités de Motivaction jeunesse à l’intention des jeunes issus de l’immigration : https://motivactionjeunesse.com/

Références

1. Berry, J. W., Phinney, J. S., Sam, D. L, Vedder, P. (2006). Immigrant youth :   acculturation, identity, and adaptation. Applied Psychology, 55(3), 303-332.

2. Gosai, K., Carmichael, J., Carey, A., Rand., E. (2018). Le sport c’est pour la vie pour tous les nouveaux arrivants au Canada : Inclusion des nouveaux arrivants dans le milieu du sport et de l’activité physique. La Société du sport pour la vie.

3. Kanouté, F., Vatz Laaroussi, M., Rachédi, L., Tchimou Doffouchi., M. (2008). Familles et réussite scolaire d’élèves immigrants du secondaire. Revue des sciences de l’éducation, 34(2), 265-289.